L'été d'en va, vivons l'automne

Dernière mise à jour : il y a 10 heures

Chers amis,


Voilà que cet étrange et insaisissable été s’éloigne furtivement, nous laissant orphelin, un léger goût d’amertume à la bouche, voilà que cet été, à peine vécu, trop tôt disparu, se fond dans une soudaine mélancolie. Reste les éclairs, les fulgurances, ces images encore collées à nos rétines, resplendissantes, ces images de ce que nous avons vécu ensemble.





D’abord il y a eu ce Petit Prince. On pensait faire du théâtre, on croyait en la magie. On ne savait pas que ce serait un miracle. Miracle de l’accalmie, de cette pluie qui tombait depuis 10 jours, embourbant la terre, le parking, inondant la scène et qui soudain s’arrête, à 17h, deux heures avant l’arrivée de nos spectateurs, qui laisse apparaître notre Petit Prince sur le plateau, aux fenêtres. Le conte prend vie, dépassant Pinocchio et toutes nos espérances, l’enfant aux cheveux couleur de blé est là, parmi nous, jusqu’à ce que la pluie reprenne ses droits, à minuit exactement, fondant princes et carrosses en ridicules souris et citrouilles.


Ensuite, il y a eu cette histoire incroyable d’Orphée et Eurydice. In Paradisum est un chœur de jeunes professionnels et un orchestre qui rayonne en Bretagne et en Mayenne. En mai dernier, ils nous appellent à la recherche d’un lieu pour se produire, pour jouer, coûte que coûte, parce que c’en est trop de ces restrictions absurdes, de la musique coincée dans le ventre et qu’on ne peut plus partager. Séduits par leur douce folie, nous nous lançons dans l’aventure avec eux. En quelques jours, In Paradisum rassemble 40 choristes et instrumentistes, procède aux premiers repérages, programme les répétitions ; nous leur offrons 10 jours de résidence, pour une partition, un opéra dont je suis amoureux depuis longtemps : Orphée et Eurydice de Gluck.

9 semaines. En 9 semaines, ils créent un opéra in extenso. Quand on vous parle de miracle !




Il y a de la magie à voir s’incarner ce chant tant aimé, à le voir se façonner au milieu de cette cour, devant ce château que nous restaurons depuis quatre ans maintenant.





Il y a de la magie et beaucoup d’émotion. Pour nous, pour les musiciens, pour vous surtout, qui êtes venus contempler cet amour perdu et retrouvé.


Alors, on voudrait vous dire merci. Merci d’être venus si nombreux, malgré la crainte de la pluie, l’humidité de cet étrange été, le pass sanitaire. Merci d’avoir été là. Car, sans vous, tout cela n’est qu’un mirage, un rêve informe, sans corps.


L’été s’en va, c’est vrai… mais nous, nous restons. Et pour cet automne, cet hiver, nous avons de belles propositions à vous faire…


Très bientôt, je vous parlerais de cette conversation avec Pierre Méhaignerie, l’homme aux mille idées qui a façonné le pays de Vitré, de son optimisme débordant et de s